Watashi wa yume desu.

Qu'importe le temps qui passe, et les cadavres qui s'amoncèlent, la recherche des éclats de la mystérieuse Kara-Xanthe continue...
 
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 Pink Blues~ {Elizabeth Middleford}

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Elizabeth Middleford
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MessageSujet: Re: Pink Blues~ {Elizabeth Middleford}   Dim 5 Fév - 18:29

[AHA presque à la bourre mais pas encore, pfiou...-___-'
Il ait tout noir dans ma chambre mais j'ai la flemme de me lever pour aller allumer. Et y a pas école demain, vive l'hiver, vive la neige, yay...XD
Et oui, il va m'obséder. Tant que je ne pense pas à son brother je l'aime, ce qui est une bonne chose. L'est chou, je peux pas le détester, quoi...>__<
Posté.]



Un instant Lizzie déplora de ne rien avoir à dire sur l’endroit où elle habitait : c’était tellement dommage ! Le problème n’était pas qu’il ne fût pas joli à souhait, bien au contraire, se déclara-t-elle à elle-même avec aplomb. Le château était beau, avec ses tapisseries, ses jardins colorés et ses vieilles pierres, ses tapis et ses reliefs, ses sculptures et ses fenêtres, ses couloirs et ses salons. A la vérité il lui plaisait beaucoup et tout autre maison lui eût sans doute paru fade en comparaison, ne fut-ce que par la taille –car l’imposante bâtisse pouvait difficilement être battue, elle en restait intimement convaincue sans s’être pourtant penchée sur la question, comme d’ordinaire. Mais de son avis, tout le monde devait déjà le connaitre. Point de vue largement erroné s’il en était mais dont elle n’aurait pas démordu sans une bonne démonstration agrémentée d’une pléthore d’exemples irrécusables. Et les manants, alors, l’avaient-ils déjà visité ? Non, mais ils devaient l’avoir aperçu depuis leurs petites masures. Les bourgeois eux aussi avaient pu jeter un œil dessus, car après tout il n’était pas caché, mais bien en vue. Lance ne venait pas de Premaris en revanche, et dès lors il était possible, sinon probable, que le lieu ne lui fut pas familier. La petite Middleford n’y songea pas une seule seconde, perdue par son impression d’avoir tout à fait raison. Pourquoi remettre en cause un fait que nous considérions vrai, sans plus de preuves ? Elle ne faisait guère partie de ces gens à se demander si l’herbe était véritablement verte, ces philosophes et ces scientifiques éminents aux paroles compliquées, incompréhensibles et bonnes à jeter aux oubliettes aussitôt entendues –quand elle se donnait seulement la peine de les entendre, écouter aurait été aller trop loin au vu du peu d’intérêt qu’elle manifestait à l’égard de ce genre de discussions.

Elle partait donc de la considération plus qu’incertaine de n’avoir nul besoin de précision quoi que ce fût sur son lieu de vie, et trouvait dès lors très pertinent de questionner Lance sur le sien. Logique implacable s’il en était selon la gamine qui n’aurait rien de trouvé de mieux, eût-elle réellement cherché. Ce sujet, très loin de l’ennuyer, la passionnait même. Difficile de comprendre comment une enfant portant aussi haut et fort les couleurs de l’égoïsme que les tons pâles du rose pouvait autant s’intéresser à la vie d’autrui et de son entourage de manière si ingénue. Elle ne recherchait pas à retourner la conversation, à parler d’elle encore et encore. La maison de lord Von Sees-Viatsky ne constituait pas pour elle un moyen détourné de tout ramener à elle, et s’il était vrai qu’elle parlait beaucoup, qu’elle parlait toujours, qu’elle parlait tout simplement trop, ce n’était pas tant d’elle que de tout ce qui pouvait lui traverser la tête à l’instant. Un mystère en soi, donc, qu’il aurait été difficile d’élucider mais qui ne faisait de mal à personne. C’était même plutôt une bonne chose ; car sans cela, sa compagnie serait devenue insupportable pour quiconque n’aurait été comme elle ou ne serait pas allé dans son sens. Et ça, ce n’était pas quelque chose qui lui aurait plus, du tout.

Car à présent, s’imaginer vivre sans savoir jamais à quoi ressemblait la maison de ce garçon ne lui semblait pas être envisageable ! Prise d’une curiosité disproportionnée pour un sujet malgré ses convictions quelque peu futile, elle reporta son regard sur Lance au moment où il lui répondit. Un tel honneur avait de quoi être apprécié lorsque la fillette était entourée d’aussi belles choses à regarder !

« Eh bien, ma maison est..., assez grande, oui. Il y a des fleurs bleues, devant. Il y a beaucoup de fenêtres, aussi. Je suis tellement habitué que je ne fais pas vraiment attention aux détails, désolé... Mais elle est jolie, je crois. »

Elizabeth hocha la tête d’un air à la fois joyeux, grave et entendu, comme s’il venait de lui révéler la surprise à laquelle elle aurait droit à son anniversaire. Eh bien ! Elle était donc grande. Grande comme celles qui les entouraient ? Allez, se dit-elle, un peu plus peut-être. Quant aux fleurs, si elle les préférait rose ou rouge, le bleu ne lui déplaisait pas non plus. Cette teinte devait s’accorder au mieux avec le reste du jardin, avec les murs du bâtiment. Oh, peut-être même avec les habitudes vestimentaires de Lance, songea-t-elle stupidement mais avec un grand enthousiasme. De grandes fenêtres permettaient à l’intérieur d’être plus lumineux et donc plus accueillant –c’était important pour une maison d’être accueillante, sans quoi on n’avait pas envie d’y entrer et pourtant, c’était toujours « chez soi » qu’on devait rentrer.

Une petite moue embêtée étira les traits enfantins de son visage. Ne pas faire attention, c’était trop bête ! Alors même qu’elle aurait été en droit d’espérer un compte rendu détaillé, broncha-t-elle sans se rendre compte qu’elle-même aurait été bien en peine de donner une description plus précise du parc. A sa décharge, l’excuse de la taille jouait indubitablement en sa faveur. Elle n’y pensa pas. A vrai dire, Lizzie se contenta d’être déçue une petite seconde avant de laisser tomber ce léger vague à l’âme pour revenir à sa bonne humeur continuelle et contagieuse. Ce n’était pas si grave ! Deux minutes plus tard, elle aurait oublié ce petit inconvénient pour ne garder que le meilleur de leur conversation, voire d’en rien garder du tout que les grandes lignes. Sa mémoire n’avait jamais été particulièrement bonne et restait somme toute très sélective.

« Ça doit être bien d'habiter au château, reprit Lance. Tu dois avoir beaucoup d'amis et de, choses à faire, non ? »

Lizzie tourna à nouveau son visage vers lui –parce qu’évidemment, si avoir obtenu son attention pleine et entière plus de cinq petites secondes était un exploit, le faire plus longtemps n’était qu’une utopie et ses yeux vert avaient sauté sur la première occasion de revenir joyeusement trainer sur les bâtiments alentour– et lui répondit d’un grand sourire. Oh, ça oui alors, elle était toujours occupée ! Le seul problème était bien qu’elle n’y avait pas que des amis… Certaines personnes étaient juste détestables, et les supporter à longueur de temps, à table par exemple, lui mettait les nerfs à vif. Mais l’un dans l’autre, au fond…

« Oui, confirma-t-elle, il y a toujours quelque chose à faire ! Et en plus, au pire je peux toujours sortir. Quand mes amis et mon fiancé sont occupés, tu sais. C’est bête que toi, tu n’y sois pas, on aurait pu se voir plus souvent. »

Sans s’en rendre vraiment compte, la couleur était annoncée. Lizzie était ainsi faite, jamais elle ne se posait les questions essentielles auxquelles toute personne normalement constituée trouvait la réponse en un rien de temps, comme une évidence. Elle, avait décidé qu’elle était amie avec Lance ; or il était évident qu’on ne devenait pas amis le temps d’une promenade seulement, ce qui expliquait qu’elle crut presque « obligé » qu’ils se recroisent après cela.

« Après, tout le monde a des amis, même en ville. Non ? Tu ne t’ennuies pas, quand même, chez toi ? Eh, qu’est-ce que tu fais de tes journées, aussi ? Oh, regarde, lâcha-t-elle soudainement, le bras de son interlocuteur toujours prisonnier en montrant de l'index de sa main libre la façade d’une bâtisse,elle est belle, non ? Les rideaux ont l’air joli ! »

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Lance Vosesviatski
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MessageSujet: Re: Pink Blues~ {Elizabeth Middleford}   Mar 6 Mar - 18:49

{ET MOI JE LE SUIS. En retard. Mais on commence à avoir l'habitude, hein... En plus demain je vais chez le dentiste, aaaah...! ;A;

Grand-Concombre masqué que nous vénérons, la fille qui a la flemme de se bouger pour allumer la lumière de sa chambre...8'D

Je sais pas si j'ai envie qu'il t'obsède, mais tant que tu lui fais pas de mal ça ira!Sinon je te jure que je ne fais qu'une bouchée de Lizzie. Miam miam.ÒvÓ}



Et elle hochait la tête, et elle souriait... Comme éternellement émerveillée, embêtée l'espace d'une seconde puis à nouveau joyeuse et insouciante. Et Lance, plus perdu qu'autre chose, ne pouvait que la regarder avec stupéfaction. Il ne s'habituerait jamais aux personnes comme Elizabeth, c'était certain. Il avait l'impression qu'elle faisait dix choses à la seconde, que tout pour elle était un potentiel sujet d'extase ou de conversation : elle était pleine de vie, vive et distraite. Tout son contraire, en somme. De fait, il lui semblait inconcevable qu'elle n'ait pas au moins un million d'amis. Lui n'était pas très à l'aise en sa présence, mais c'était simplement une question de caractère – et il aurait parié que le sien n'était pas le plus répandu, heureusement. Bon, elle pouvait aussi taper sur les nerfs, à priori. Et il restait persuadé que les filles étaient particulièrement cruelles entre elles, donc ce ne devait pas être simple tous les jours d'en être une. Mais malgré tout, cette jeune fille ne devait pas être isolée et triste. Lance admettait que l'on puisse rester positif malgré la misère, mais... Être rejeté de tous et rester gentil, avenant et bavard, ça relevait du miracle. Ou peut-être n'était-ce qu'une question de caractère, encore une fois ? C'était bien possible. La petite blonde devait avoir une vision des choses très différentes de la sienne, après tout. Elle ne cessait de passer son regard d'ici à là, d'une maison à une autre, et il avait beau essayer de l'imiter rien n'y faisait. Il ne comprenait pas ce qu'elle voyait de si intéressant sur sa droite ou sur sa gauche : il n'y avait que des demeures, plus ou moins jolies, plus ou moins identiques. Des tas de pierres arrangés pour leur donner meilleure allure. Rien de plus. Il pouvait admirer le travail des architectes, s'étonner du temps qu'il avait fallu pour les construire ou du coût des travaux en question, mais c'était bien tout. La maison en elle-même... Ce n'était qu'une maison. L'une ou l'autre, ça lui était assez égal.


Apparemment, ce n'était pas le cas d'Elizabeth. Il lui semblait que, si elle avait pu, elle serait rentrée dans chaque bâtiment jugé 'joli' pour aller voir de plus près les meubles et les tentures. Ce qui aurait été colossalement gênant, soit dit en passant.

« Oui, il y a toujours quelque chose à faire ! Et en plus, au pire je peux toujours sortir. Quand mes amis et mon fiancé sont occupés, tu sais. C’est bête que toi, tu n’y sois pas, on aurait pu se voir plus souvent. »

Ah... Lance acquiesça maladroitement, plus embêté qu'autre chose. Il ne pensait pas qu'il lui aurait été d'une grande aide s'il avait habité au château – mais il se voyait mal lui dire ça, et puis il ne voulait pas la couper dans son élan. Elle avait l'air si légère et heureuse qu'il lui aurait parut presque criminel de faire baisser son moral. Des amis, un fiancé... Rien de bien étonnant. Elle était peut-être un peu jeune pour les fiançailles, mais il n'était pas sans savoir que certains parents s'arrangeaient entre eux parfois avant même la naissance de leurs enfants. Ces mariages n'avaient rien à voir avec l'amour, ils servaient uniquement à créer des alliances ou à aider financièrement l'un des deux partis. Enfin, si elle passait du temps avec son fiancé elle ne devait pas le détester : tant mieux pour elle. Il s'imaginait mal faire sa vie avec une femme qu'il n'aimait pas, pour sa part. Ses parents n'étaient pas le meilleur exemple en matière de mariage et de tradition... Sans doute qu'en d'autres circonstances, l'idée d'une fiancée imposée ne l'aurait pas choqué le moins du monde.
On a beau dire, la Noblesse était quand même un tout autre monde. Quand il voyait l'attitude de son oncle – qui n'était que Bourgeois – il se demandait comment pouvaient bien être le dessus du panier. A priori, pas comme Elizabeth. En grandissant, les Nobles ne devaient plus avoir grand chose de spontané. Et, vraiment, il disait ça sans penser à mal. Ça n'avait rien d'une insulte, venant de lui.

« Après, tout le monde a des amis, même en ville. Non ? Tu ne t’ennuies pas, quand même, chez toi ? Eh, qu’est-ce que tu fais de tes journées, aussi ? Oh, regarde, elle est belle, non ? Les rideaux ont l’air joli ! »

Le jeune homme cligna des yeux, le regard à présent tourné vers la maison en question. Est-ce qu'elle était belle ? Bonne question. Elle n'avait rien de désagréable, en tout cas, c'était chose sûre. Les rideaux, les rideaux.. Mais comment pouvait-elle passer d'un sujet à l'autre comme ça, sans se soucier de rien ? Il aurait eu terriblement peur de perdre l'autre ou de l'agacer, à agir ainsi. Il esquissa un sourire, pour se donner confiance autant que par politesse, et acquiesça de nouveau. Ça l'occupait, lui donnait quelques secondes de plus pour réfléchir et, qui plus est, c'était suffisamment vague pour qu'elle y comprenne ce qui lui chantait Oui, ils sont jolis, oui elle est belle, oui n'importe quoi.
Enfin. Au point où il en était, autant répondre à voix haute. Il ne pensait pas pouvoir répondre à ses premières questions sans parler un minimum...

« Très belle, oui, répondit-il finalement. J'aime bien la couleur des rideaux. »

Il n'avait même pas regardé s'ils étaient bleus, verts ou jaunes, mais pour l'instant son soucis était plus de réussir à répondre tranquillement et correctement que de vérifier la véracité de ses dires. Parce que maintenant, que faire ? Il ne pouvait qu'atténuer ses propos, il n'avait pas le choix. Seulement si Lance n'avait pas mauvaise mémoire, il craignait tout de même qu'en alignant des mensonges, aussi petits soient-ils, il ne finisse par s'y perdre. Raison pour laquelle, en général, il préférait rester vague. Alors, disons que... Que...

Il fixa le sol une seconde, deux tout au plus avant de ne reprendre la parole.

« Et, je, sûrement, lâcha-t-il un peu précipitamment, incapable de se rappeler s'il y avait matière ou non à dire 'sûrement'. C'est tranquille, chez moi. Je ne sors pas trop... souvent. Mais mes amis me rendent visite, hm, parfois. Sinon, je... lis ? »

Il aurait pu dire 'pitié sortez moi de là' qu'il n'aurait pas arboré une autre expression. En fait d'amis, c'était surtout ses cousins qui venaient le voir ; 'Pas trop souvent' tenait lieu d'euphémisme pour 'uniquement quand je dois' et lire devait être son activité principale, pour ne pas dire quasi-exclusive. Mais honnêtement, il se voyait mal dire ça. Pourquoi, ça, il n'en avait pas la moindre idée : sans doute que ça semblait un peu triste, comme emploi du temps, vu son âge.
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MessageSujet: Re: Pink Blues~ {Elizabeth Middleford}   Mer 14 Mar - 22:23

[Aha, je devrais pas répondre ici. Je devrais pas, mais je sais pas, j'ai répondu aux trucs qui, vraiment, m'inspiraient à fond la caisse, ce week-end. J'aime les autres aussi, hein, mais bon !XD
Et puis, ça m'évite d'être à la bourre, aha. Et que t'en aies envie ou non, il m'obsède. Je lui ferais rien. Pour l'instant.>8D
Posté.]



Ah, pour sûr, il ne parlait pas beaucoup, Lance ! Pourtant, que d’intéressantes choses il devait avoir à lui conter ! Il lui aurait suffi de trouver les bons mots, les tournures les plus appropriées, les termes les plus adroits pour rendre n’importe quel récit, quel qu’il fut, passionnant à souhait. Et même, songea la petite aux lourdes boucles blonde, peut-être bien que des phrases maladroites auraient été assez pour capter son attention versatile. Elle n’était pas un public très difficile, et se serait levée pour applaudir, à peu de choses près, le plus lamentable des discours pour peu que l’orateur eût l’air pénétré de celui qui croit réellement ce qu’il dit. Amatrice d’histoires en tout genre, elle s’imaginait toujours en héroïne de celles qu’elle entendait. A la place de lord Von Sees-Viatsky par exemple, qu’eût-elle pensé de sa petite vie à la campagne ? Non pas que ce mot fut sorti tout brut dans la conversation mais, aussi sûrement que ce qui n’était pas d’or ne brillerait jamais aux yeux de la demoiselle, tout ce qui n’était pas Premaris était d’une rusticité à la fois tout à fait charmante et insoutenable. Pas qu’elle se représentât la maison de son ami comme une demeure champêtre au toit de chaume mais, tout de même, elle ne devait pas ressembler à ce à quoi, elle, était habituée. Akita était une grande ville, soit ; mais Akita n’était pas la plus grande ville de Moria, et Dieu savait que Lizzie était prompte à tomber dans d’affligeants stéréotypes, caricatures un brin ridicules qui n’avaient de points communs avec la réalité que pour elle !

Ah, remarqua-t-elle, enjouée, si Lance ne trouvait pas les bons mots alors c’était à elle, Elizabeth Esel Cordelia Middleford, de trouver les bonnes questions ! Celles qui, sans aucun doute, feraient sortir des lèvres du garçon un flot intarissable de paroles, de longues logorrhées d’un intérêt indéniable pourtant, peut-être sur des choses rose pastel, peut-être sur ceci, sur cela, elle ne savait pas encore. Mais comptait bien trouver, que diable ! Toucher à tous les sujets sans paraître impolie était sa spécialité –ou à tout le moins celle du moment, parmi toutes les « spécialités » que la gamine s’inventait à l’envi selon la situation. Le grand sourire qui étirait ses lèvres s’entêta à rester pendu dessus alors même que Lance répondait, un peu trop laconique au goût de la fillette, qu’il partageait son avis. Eh bien ! Au moins tombaient-ils d’accord, ce qui n’était pas négligeable, commenta-t-elle intérieurement, décidée à ne voir que le bon côté des choses. Ces rideaux avaient une belle couleur de toute façon, et les détester, comment cela aurait-il seulement été envisageable ? Puisqu’ils étaient beaux, ce n’était pas la peine de faire semblant de croire le contraire ! L’égoïsme qui la poussait à prendre ses propres goûts comme absolus en aurait agacé plus d’un, au cœur desquels la subjectivité devait être chère. Elle, n’y songeait pas un instant.

Elizabeth reporta son regard sur son compagnon cependant qu’elle le trainait toujours avec elle, comme pour lui signifier qu’en dépit des apparences, elle l’écoutait :


« Et, je, sûrement. C'est tranquille, chez moi. Je ne sors pas trop... souvent. Mais mes amis me rendent visite, hm, parfois. Sinon, je... lis ? »

Ah ? Tranquille ? Elle aussi, menait un train de vie drôlement tranquille ! Il lui arrivait de rêver à de grandes aventures, de loin en loin, mais alors elle se souvenait de ses beaux projets de mariages, de robe blanche piquetée d’or ou de soie rose peut-être à son pied, un ruban de satin décoré d’un beau liseré autour d’un bouquet de fleurs sans doute pêche ou carmin, de tissus moirés, et remettait ses envies d’excursions palpitantes et dangereuses à plus tard, à une autre vie où elle ne serait pas si occupée à faire de son quotidien la crème des crèmes de ce qui faisait en la matière. Tranquille, ça ne voulait pas forcément dire « nul », même pour Lizzie.

Ne pas sortir en revanche était assez inacceptable, et lui ouvrir de grands yeux étonnés. Ça alors ! Pour elle, qui vivait au château, ce n’était pas grand-chose. Mais pour quelqu’un qui vivait seul, ne pas être constamment entouré, comme cela devait être triste et dépourvu de charme, de chaleur ! La mention de ses amis vint toutefois nuancer l’image qu’elle venait de se faire –triste à en pleurer, seul avec une assiette de ragoût sur un fauteuil au coin d’un âtre où un feu en fin de vie éclairait faiblement la pièce, baignant le pauvre hère solitaire d’une lumière rouge orangé alors que le vent cognait contre le carreau.


La lecture, quant à elle, était un passe-temps appréciable pour un homme. Une jeune fille, lui avait-on dit, n’avait guère besoin de beaucoup lire pour être une femme très heureuse dans son ménage et bonne avec ses enfants. C’était accessoire, si l’on avait du temps à perdre devant soi et que ses travaux de broderie, à cause de la lumière déclinante du soir par exemple, risquaient d’être ruinés si on les continuait à cet instant. Lizzie aimait bien les romans d’amour, mais c’étaient là ses seules et rares lectures. Les garçons, eux, se voyaient imposer des ouvrages sérieux où l’on parlait de politique, d’histoire, de souverains sérieux et de formules compliquées. Cela dit, ça ne semblait pas embêter Lance. Peut-être était-ce dans la constitution des hommes et des femmes ? Peut-être y avait-ils dans le cerveau de ces dernier, quelque chose qui les rendait naturellement plus enclin à apprendre des choses et à s’en divertir ? Ce devait être ça. Lizzie s’estima heureuse d’être née « Lizzie ».

« Oh, vraiment ? Tu devrais jouer aux cartes, plutôt, il y a des jeux auxquels on peut jouer tout seul ! Ou bien, suggéra-t-elle, tu devrais venir très souvent à Premaris voir tes cousins. Tiens, tu sais, au château il y a une belle bibliothèque, très grande ! Je pourrais essayer de t’y emmener, un jour ! »

Elle s’arrêta un moment de parler, occupée à regarder autour d’elle, une fois de plus.

« Oui, reprit-elle, l’air décidé, tu n’auras qu’à me demander, et on pourra aller voir, je suis sûre ! Tu lis quel genre de…, oh ! »

La petite s’arrêta net, autant de marcher que de converser, devant une maison aux fières fenêtres en ogive : un balconnet, prolongeant ce qu’elle supposait être une chambre ou un salon au premier étage, courait par la suite le long de la façade, formant une sorte de porche, avant d’en rejoindre une seconde porte-fenêtre, homologue parfaitement symétrique de la première. Dans le jardin, des rhododendrons, une roseraie. Une allée enfin, rectiligne, jusqu’à une porte précédée de deux petites marches, jouxtées d’une rampe en beau bois peint élégamment sculptée. Pour la deuxième fois de sa vie, Elizabeth tomba littéralement amoureuse.
Trainant tout aussi littéralement Lance derrière elle, elle s’élança, courant presque, à l’assaut de la terre promise, traversa avec une petite exclamation le jardinet, s’avança jusqu’à la porte de la demeure.


« Tu crois qu’il y a quelqu’un ? Oh, dis, Lance, tu crois que c’est ouvert ? Je suis sûre que c’est ouvert ! Ah, l’intérieur doit être au moins aussi joli ! Oh, on entre ? Allez, juste pour voir un petit peu. On entre ? »

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MessageSujet: Re: Pink Blues~ {Elizabeth Middleford}   Mar 17 Avr - 15:03

{ Je suis en retard~~ Bouuuuh. Mais je l'ai fait ! Je sais, je sais... Cool

Tu lui feras jamais rien. Si tu tiens à Lizzie, en tout cas. AHAHAHA. 8D }



La surprise qu'il lut dans les yeux d'Elizabeth, grands ouverts, lui fit fermer les siens. Uh, il aurait vraiment dû s'y attendre. Il s'y était attendu, en fait – mais ça ne changeait rien, strictement rien à son malaise. Comment aurait-il pu être détendu quand elle tenait son bras de la sorte, de toute façon ? C'était tout bonnement impossible. Il s'efforça malgré tout de rouvrir ses yeux clos et de ne pas avoir l'air d'un condamné à mort qu'on amène à la potence, autant par respect pour Lizzie que pour son propre confort. Elle lui poserait d'inutile et gênantes questions si elle remarquait à quel point il était stressé. C'était évident. Si un vague sourire un peu crispé pouvait lui éviter ça, hésiter n'était pas en option. Voilà, souris et fais comme si de rien n'était. Bien. Et puis après tout, ne pas sortir souvent et lire n'étaient pas un emploi du temps si horrible... Il pouvait simplement être un garçon sérieux, qui préférait apprendre plutôt que jouer. Ou dont les parents, autoritaires, n'auraient su tolérer qu'il perde son temps en vaines conversations. Il connaissait sa propre vie sur les bout des doigts – rien de plus normal – et, de fait, avait tendance à en oublier que ce n'était pas le cas de ses interlocuteurs. Elizabeth savait uniquement ce qu'il lui avait dit ; sa surprise devait être passagère, rien de bien grave. Il n'avait rien dit de très choquant. Il ne pensait pas. Non. Non ? Pitié, faites que non...


Mais rien de négatif ne semblait vouloir s'imposer sur le visage de la petite blonde et ses inquiétudes, quoi que fondées selon lui, n'eurent rapidement plus de raison d'être.

« Oh, vraiment ? Tu devrais jouer aux cartes, plutôt, il y a des jeux auxquels on peut jouer tout seul ! »

Cette remarque eut le mérite de le distraire un instant, en témoigne son regard curieux. Ah ? Il n'avait jamais vraiment joué aux cartes, mais l'idée n'était pas stupide – et s'il n'existait en réalité pas de jeu auquel il puisse jouer seul, il pouvait toujours réquisitionner Seth pour ça. Oui, il devrait définitivement essayer. Restait à savoir si, dans un de ces trop nombreux tiroirs qu'il n'ouvrait jamais, il pourrait trouver un jeu de carte complet et en bon état.

« Ou bien, tu devrais venir très souvent à Premaris voir tes cousins. Tiens, tu sais, au château il y a une belle bibliothèque, très grande ! Je pourrais essayer de t’y emmener, un jour ! »

Il lui aurait bien répondu que fouiller sa demeure à la recherche de cartes l'occuperait suffisamment pour l'année à venir mais, en plus d'être à priori faux, ça n'aurait pas été très aimable. Il se contenta donc d'ignorer la première partie de sa phrase, soulagé que le centre d'attention sans cesse changeant de la jeune fille lui permette d'ignorer certains points de la conversation sans passer pour le pire des malpolis. La mention d'une bibliothèque lui sembla de toute façon bien plus intéressante que d'interminables après-midi avec ses cousins paternels. Les livres n'avaient tout d'abord été pour lui qu'une manière de penser à autre chose, de s'occuper l'esprit sans sortir ni voir qui que ce soit ; mais avec le temps, il y avait sans le moindre doute pris goût. La bibliothèque du château devait être bien plus grande que celles qu'il avait déjà eu l'occasion de visiter, et les livres qu'elle contenait devait être extrêmement intéressants. Il ne parvenait pas à s'imaginer la taille de la pièce, pas plus que le nombre d'ouvrages qu'elle pouvait contenir. Mais peu importe ! Les habitants du château avaient une grande bibliothèque, quelle chance. Il aurait bien aimé avoir une pièce emplie de milliers de livres, lui aussi.
Perdu dans ses pensées, il n'entendit que d'une oreille sa très charmante proposition.

« Oui, tu n’auras qu’à me demander, et on pourra aller voir, je suis sûre ! Tu lis quel genre de…, oh ! »

Et ouvrit donc de grands yeux quand elle se répéta. O-oh quoi ? Et comment ça, l'y emmener ? Il aurait aimé y aller, oui, ça ne faisait aucun doute, mais... ! Aller dans le château ? Certainement pas, il n'y était pas autorisé – et puis c'était trop grand, il ferait tâche, ne saurait ni où se mettre ni quoi faire, et encore moins quoi dire. Et oh quoi ? Il détestait ce oh. Il détestait le fait qu'elle se soit brusquement arrêtée, aussi. Ça ne lui disait rien qui vaille. Le jeune homme eu beau promener son regard un peu partout autour d'eux, rien n'accrocha ses yeux bleu-verts. Il se décida donc, presque à contrecœur, à observer son accompagnatrice pour voir ce qu'elle regardait si intensément.
Malheureusement pour lui, à peine eut-il baissé les yeux vers Lizzie qu'elle le traînait de nouveau avec elle. Destination ?

Oh, rien qu'une jolie maison.

… Pardon ? Quoi, pardon ? Oh non non non non. Les yeux de Lance s'agrandirent et ce fut presque un miracle qu'il ne plante pas violemment ses talons dans le sol pour empêcher sa nouvelle amie de commettre un acte franchement regrettable. Mais elle était si bien partie qu'il n'eut d'autre choix que de la suivre, presque en mode automatique, sans expression, sans dire un mot, sans faire un bruit. Ils allaient simplement regarder de près et s'en aller. Regarder de près et s'en aller. Encore un peu plus près et ils s'en allaient.

Il n'y croyait pas un seul instant mais, pour l'heure, le déni était la seule défense de son esprit contre la cruelle vérité.

« Tu crois qu’il y a quelqu’un ? »

Non. Non non non.

« Oh, dis, Lance, tu crois que c’est ouvert ? Je suis sûre que c’est ouvert ! »

Il ne put réprimer une grimace, priant de tout cœur pour qu'elle change d'avis et ne leur permette de faire demi-tour. Demi-tour, demi-tour...

« Ah, l’intérieur doit être au moins aussi joli ! »

Non, il est laid. Il est laid et infesté de cafards. Allez, pitié, demi-tour !

« Oh, on entre ? Allez, juste pour voir un petit peu. On entre ? »

Il aurait pu être face à une armée de monstres qu'il n'aurait pas eu l'air plus terrifié. Son visage passa du clair au blanc et il se rendit brutalement compte que, face à l'enthousiasme de la petite blonde, il était complètement désarmé. Il aurait dû se dégager, reculer, lui dire que c'était une mauvaise idée, qu'ils allaient se faire arrêter, jeter en prison et torturer jusqu'à ce que mort s'en suive, qu'il pouvait y avoir un énorme chien là-dedans, que les propriétaires étaient peut-être à l'intérieur ; mais non. Rien. Il n'avait aucune idée de quoi dire pour la dissuader, de quoi faire pour l'empêcher de pousser cette maudite porte – et bien entendu, qu'elle serait ouverte ! Ça aurait été trop simple, qu'elle soit verrouillée.

Les yeux fixement posés sur la porte, craignant visiblement qu'elle ne décide de leur tomber dessus ou de les avaler s'il regardait ailleurs, il secoua doucement sa tête de gauche à droite.

« Non-Je, Lizzie, c'est une propriété privée, rétorqua-t-il d'une voix blanche. C'est, non, on ne peut pas. Quelqu'un pourrait arriver, et puis c'est interdit, et... »

Allez. Croise les doigts.

« Et c'est, sûrement, fermé. C'est fermé, on devrait partir avant que quelqu'un nous voit... »

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Elizabeth Middleford
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MessageSujet: Re: Pink Blues~ {Elizabeth Middleford}   Ven 18 Mai - 19:51

[Genre je risque de te faire la morale sur le retard dans les posts, hm.--'
Et tu peux rien faire à Lizzie, sinon elle te fait l'attaque des grands yeux mouillés !XD
C'est le troisième post de mon marathon. Je suis fière, ça fait longtemps que j'ai pas autant posté.=w=
Posté.]


Ce que cette maison pouvait être belle ! Ce qu’elle pouvait avoir fière allure, songea Lizzie, au milieu de ce jardinet planté çà et là de magnifiques fleurs ! D’entre toutes, elle se distinguait, à la fois hautaine et accueillante, dressant sa masse de pierre vers le ciel en un signe de défi. Y en avait-il de plus jolies à l’entour ? Pas qu’Elizabeth en ait vue la moindre –et ses yeux pourtant n’avaient de cesse de remuer, d’aller à la rencontre du plus petit détail offert à leurs caprices. Penser aux conséquences de ses actes n’avait jamais été son fort, et ne pas le faire ne lui avait jamais causé de si graves ennuis : alors pourquoi l’eût-elle fait à présent, quand tout son cœur lui chantait d’aller frapper à cette porte et, faute de réponse sûrement, d’entrer ? Ou de faire connaissance avec les propriétaires d’une pareille habitation ! De quel bon goût ils devaient être pourvus pour arranger avec tant de maestria leur extérieur ! Cette réflexion la conforta dans l’idée que vivre sans avoir jeté un œil à l’intérieur aurait constitué le pire crime dont elle eût pu salir ses blanches mains gantées. Ils ne feraient pas de mal ! Ils ne feraient qu’observer, sans rien toucher ni voler ni casser ni pousser ni bouger ! Si à cet instant précis s’étaient rappelées à son bon souvenir toutes les réprimandes de son impitoyable marâtre concernant ses mauvaises habitudes –telles celle de regarder avec ses mains–, une vague de perplexité l’aurait sûrement submergée. Mais au vu de l’immense forteresse d’enthousiasme qui régnait en maîtresse absolue sur la gamine, elle n’aurait roulé à l’horizon que pour mieux se briser contre la roche.

En d’autres termes, la résistance et les diverses protestations de Lance n’eurent pas l’effet escompté ; forte de son entêtement proverbial, la petite blonde frappait déjà à la porte, quatre coups clairs, comme on le lui avait enseigné, avec le bel heurtoir ouvragé. Savait-on jamais ! Il aurait été au comble de l’impolitesse de s’inviter chez des inconnus sans leur autorisation –si ces derniers étaient présents du moins. Même Elizabeth le savait sans que l’on eût besoin de le formuler clairement. Et au vu de sa conception particulièrement étendue des bonnes manières, ce n’était pas peu dire.


« Non-Je, Lizzie, c'est une propriété privée. C'est, non, on ne peut pas. Quelqu'un pourrait arriver, et puis c'est interdit, et... »

Elizabeth tourna vers son nouvel ami un visage où pouvait se lire une pointe d’agacement en devenir ; cela ne dura pas, et un sourire rassurant vint presque aussitôt retrouver sa place sur des lèvres qui ne semblaient pas avoir d’autre fonction que celle-ci tant elle leur seyait. Une propriété privée, certes. Certes. Mais, tout de même, ils ne comptaient rien y faire de mal ! Des voleurs auraient eu vite fait d’être arrêtés ; mais puisqu’ils étaient innocents, alors ces problèmes ne les concernaient pas. Quel sombre, triste et malheureux individu en aurait voulu à deux enfants d’avoir mis les pieds dans sa maison pour admirer le goût indéniable du logis ? Se pouvait-il que qui que ce soit, d’ailleurs, pût allier tant de grâce dans sa demeure et tant d’étroitesse d’esprit ? Elle ne le pensait pas. Un instant elle se dit qu’un majordome en queue de pie ou qu’une servante en nœuds allait débarquer et leur ouvrir la porte avec tout le naturel et l’amabilité que l’on eût été en droit d’attendre de serviteurs d’une famille respectable. Mais elle se prit bien vite à espérer qu’il n’y eût personne, ainsi ils pourraient vaquer à leur exploration à leur aise, sans être gêné. Eh quoi ! L’histoire de beaux tapis ou de mobilier ancien ne la passionnait guère : tout ce qu’elle voulait, au fond, c’était regarder tout cet étalage de luxe et ces merveilles d’agencement qu’elle ne doutait pas d’y trouver !

« Et c'est, sûrement, fermé. C'est fermé, on devrait partir avant que quelqu'un nous voit... »

Une mine déconfite remplaça derechef le grand sourire. C’était en effet fort possible, mais peu réjouissant. La petite se préparait déjà à parer à cette éventualité, cherchait des yeux une fenêtre laissée ouverte dans un opportun accès de négligence, elle ne savait trop. Une issue, un endroit par où passer. Quant à ce qu’on les voit, elle n’en comprit pas l’inconvénient. Qu’avait-il donc, à se torturer ainsi ? Personne n’allait les réprimander pour si peu, sans doute ! Il ne fallait pas s’en faire. Ils auraient après tout très bien pu être de jeunes maîtres rentrant au logis après une petite promenade. Pas complètement stupide, Lizzie ne se rendait que trop compte que l’on aurait pu leur poser des questions, mais savait tout aussi bien qu’un air naturel évitait, le plus souvent, des pléthores d’ennuis harassants. Personne n’aurait pu, pour une fois, lui donner tort.

« On ne fera rien de mal, juste… Juste regarder, allez quoi, juste deux petites minutes, dit-elle, s’improvisant menteuse éhontée de génie pour l’occasion, puis on ressort. Personne ne fera attention, et puis ce serait tellement dommage de ne pas voir l’intérieur ! »

Elle se retourna vers la porte, attendit encore une seconde, se retourna vers Lance, un sourire victorieux au visage :

« Bon, tu vois, il n’y a personne. »

Prenant cette fois-ci son ami par la main, elle poussa la clenche, et ne put retenir un petit glapissement lorsque la porte pivota sur ses gonds sans un bruit : victoire ! Elle s’engagea dans le vestibule, tirant bon gré mal gré lord Von Sees-Viatsky à sa suite, sans même penser à refermer la porte derrière eux. Pourquoi diable fallait-il que tout ce qui était intéressant fut interdit ? La petite ne songea pas instant qu’elle prenait le problème à l’envers, et se tourna vers Lance. Il ne fallait pas se faire du mouron comme ça dans une si belle demeure !

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Pink Blues~ {Elizabeth Middleford}

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